NOTE EXPLICATIVE SUR LE PROJET D’ASSOCIATION R.I.P.D
I.PROFIL DE L’ASSOCIATION :
Raison sociale : Rencontre des Indépendants pour la Paix et le Développement (R.I.P.D)
Type : Organisation apolitique d’intelligence et à but non lucratif
Siège : 1571 Rachel, suite 2, H2J2K4, Montréal
Réseau : Mondial
Durée : Illimitée
II CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Le Tchad est un pays de grandes diversités géophysiques et culturelles. Malheureusement, ces diversités ont été extrapolées progressivement par les idéologies et pratiques politiques discriminatoires, violentes et apatrides d’élites irresponsables et elles-mêmes manipulées. Les conflits meurtriers et destructeurs qui en ont résulté, ont cloisonné les expressions dans des logiques de perpétuation des exclusions et des frustrations. La vie publique et sociale se caractérise de plus en plus par des replis sous identitaires néfastes à la construction d’une nation solidaire, pacifiste et progressiste. Les partis politiques et certaines sociétés civiles semblent s’enliser dans ces clivages et les légitimer. L’apologie de la violence et de la lutte armée est un anachronisme récurrent qui continue de faire recette, en charriant dans son sillage les antagonismes de la société tchadienne. Dans un tel contexte, il y a lieu de se demander si le pays ne dispose pas d’autres voies de solutions novatrices que celles qui l’ont gangrené depuis au moins trois décennies déjà ?
L’analyse rigoureuse de la problématique fait ressortir clairement, entre autres que :
les solutions conjoncturelles dégagées à certaines périodes critiques de notre histoire (exp : CNS), avaient été dénaturées ou volontairement ignorées par les grands acteurs ;
les ingérences extérieures idéologiques et religieuses ont souvent déterminé le comportement des élites ;
la logique de « pyromane » s’est largement développée dans la démarche des acteurs de tout bord, pour entretenir les problèmes sous forme d’enchères ;
les réflexions et les contributions originales et authentiquement tchadiennes sont très peu prises en considération quand elles existent ;
la violence qui anime la vie publique a marginalisé voire exclure toute autre expression qui se démarquerait des schémas conflictuels ;
de tout ce qui précède, le pays donne l’impression d’une carence notoire d’élite avisée, responsable, présentable et en phase avec les valeurs universelles du 21e siècle.
Le défi le plus grand est celui de corriger cette image négative du pays, de favoriser l’émergence d’autres voies progressistes, de démontrer l’existence et la capacité d’une frange de l’élite non prisonnière des clivages et des préjugés actuels, et de promouvoir des solutions tchadiennes aux maux tchadiens par les Tchadiens eux-mêmes.
La première difficulté à surmonter est d’abord la méfiance : en effet, les tchadiens ont l’habitude de profiter de la moindre initiative pour envisager d’abord les bénéfices de la délation et de la trahison, la maladie du leadership ou à défaut le positionnement pour des intérêts personnels égoïstes. Ce mal explique la multitude d’initiatives enterrées avant leur premier baptême ou lamentablement disloquée après un bel envol.
La seconde difficulté est liée au choix d’une formule acceptable pour la réalisation de l’initiative : l’inefficacité de dizaines de partis politiques et d’organisations civiles militantes à trouver des solutions aux préoccupations réelles et quotidiennes des populations, a créé un désintérêt voire une aversion populaire pour ces formules d’organisations.
La troisième et non moins importante difficulté est l’absence de la culture de l’engagement et de l’idéal au sein des élites tchadiennes. S’engager pour un idéal est considéré comme de la folie et une perte de temps par une grande partie des cadres. Ceux-ci préfèrent les solutions de facilité, d’opportunisme et de moindre risque, même au détriment de leur dignité et en dépit de leur potentiel intellectuel. Ce qui a ramené la moralité publique à des niveaux catastrophiques. Le laissez aller, la corruption, la délation, l’apatrisme ont pris des proportions alarmantes.
Enfin, il y a d’une manière générale, la perte de la confiance en soi et dans son pays chez la plupart des cadres tchadiens. Cette attitude négative a pour corollaire la démission qui, elle-même, fait le lit des pourrissements de situation, faute de responsabilités engagées. Les élites tchadiennes préfèrent assister ou encourager la descente aux enfers de leur pays en se faisant même les grands commentateurs de ses contre performances, sans se donner la peine, pour l’honneur, de chercher à chaque problème la solution appropriée. La seule solution privilégiée depuis plusieurs décennies est la diabolisation systématique de l’autre, comme s’il fallait créer pour le Tchad une autre race humaine ?
III. IDENTIFICATION
L’analyse des paramètres évoqués ci-dessus plaide en faveur d’une formule à la fois légaliste et efficiente. Il est question de réussir à réunir, non pas autour de leaders « charismatiques » autos proclamés mais plutôt autour d’idéaux communs forts et sur la base d’engagement individuel responsable, des personnalités ayant pris la bonne mesure de la situation.
Il n’y a pas d’allégeance ni de dividendes à escompter dans l’immédiat. Chacun reste libre dans son état et sa position. L’enjeu majeur consiste à apporter sa contribution dans le traitement d’une thématique quelconque. Et cette contribution sera intégrée à sa juste valeur, en compatibilité avec les objectifs et la ligne directrice de l’association. Tous les sujets sont ouverts et seront l’objet de diagnostics rigoureux et de propositions de solutions qui ne ménagent aucun secteur. La synthèse des contributions thématiques est rendue publique par les soins de l’association, au nom de tous les membres et par les voies appropriées. De cette façon, l’association se veut être un instrument incontournable à la disposition d’une intelligentsia responsable. Il n’y aura aucune coloration de partis ou de clivages habituels de la société tchadienne, ni aucun tabou. Sur la base des connaissances des membres, de leur maîtrise du sujet et de la documentation afférente, les synthèses des contributions thématiques seront régulièrement publiées. Chaque sujet faisant l’objet d’un canevas méthodologique sous la coordination d’un membre proposé ou désigné à cet effet.
L’initiative R.I.P.D se distingue en ce que, grâce aux NTIC, les membres résidents au pays et ceux de la diaspora participent en temps au même titre. D’ailleurs, avoir une adresse email est obligatoire pour les membres. Ainsi, dans la discrétion, les membres peuvent se porter sur n’importe quel sujet d’intérêt public et partager leur contribution avec les autres. Les synthèses rendues publiques sont le patrimoine commun que chacun pourra utiliser dans son cadre de dissémination. Les membres, individuellement ou en groupe, pourront organiser des réunions, conférences et autres formules multimédias, en utilisant les supports produits par l’association sur les sujets de leur choix. Cela aura l’avantage de se prévaloir de points de vue harmonisés, fondés et documentés sur les donnes tchadiennes. C’est le génie national qui se consacre à la paix et au développement humain durable. Les publications de la R.I.P.D seront adressées à l’opinion publique en général et aux acteurs et élites concernées en particulier.