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| A qui profite ce sang ? |
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Chaque fois que les seigneurs de guerre reprennent leurs activités, les individus ou groupes d’individus commencent à se positionner, à s’agiter. Il y a des gens qui se félicitent de la victoire d’un camp sur l’autre. Si le président Idriss Deby traite les rebelles de mercenaires soudanais et qu’il ne veut pas dialoguer avec eux ; et que les rebelles disent qu’il n’y a qu’eux qui peuvent apporter la paix par les armes parce que Deby ne connaît que le langage des armes, n’est-ce pas là un défi lancé aux intellectuels ? C’est vrai que tous les espoirs étaient sur Ibni Oumar, et que sa mort désoriente les jeunes intellectuels, mais ne faut-il pas le pleurer autrement ? Que les intellectuels disent qu’ils prennent le temps de réfléchir pour mieux s’organiser, je les comprends. Mais qu’ils se félicitent pour le massacre inter-tchadien au service des étrangers, c’est quand même terrible.
Comment ne pas accepter les affirmations selon lesquelles la guerre du Tchad est une guerre entre la France et le Soudan avec d’autres puissances derrière lui ? D’où viennent ces puissants avions de guerre que le gouvernement tchadien utilise ? Et qui a donné ces milliers de Toyota de guerre, armes et munitions aux rebelles ?
Pour le moment, chaque camp dit comme d’habitude qu’il est le sauveur ou le protecteur, et qu’il a le soutient du peuple. Les belligérants veulent continuer à mentir ou s’initier au mensonge. Ils ne cherchent pas à savoir et prendre en compte ce que peuple tchadien pense de ces répétitives guerres tribales au profit des grandes puissances. Ils s’arrogent des droits, au nom du peuple, et méprisent l’opinion publique ou majoritaire tchadienne. De qui se moque-t-on ? Il faut dire honnêtement que la population est fatiguée, et je ne crois pas qu’elle puisse applaudir un camp en cas de victoire. Chaque camp va guetter les réactions de quelques badauds pour conclure qu’il est applaudi dans tout le Tchad. S’il y a des gens qui s’intéressent à cette guerre pour le moment, ce sont les pillards et la France. Et après ?
Les pillards :
Ces compatriotes marginalisés n’attendent que cette occasion pour « partager » avec les autres les biens mal acquis qu’ils ont accumulés, créant ainsi une inégalité sociale criante. Mr Enoch Djondang l’a déjà dit, notre société tchadienne est composée en grande partie de cette catégorie de personnes qu’on continue à minimiser. Eux qui n’ont ni famille ni bien matériel, n’ont rien à perdre. C’est une véritable bombe à retardement, non seulement en cas de troubles créés par les seigneurs de guerre mais ils représentent un danger permanent pour notre société parce qu’ils n’ont pas été pris en compte.
La France :
La France est particulièrement intéressée à cause de ses ressortissants. Comme d’habitude elle va prendre le soin d’évacuer ses ressortissants et les autres Européens qui désireront partir. Quand tous les Européens vont quitter notre enfer, elle va laisser entrer les rebelles dans des grandes villes avec des chars et autres engins de mort. Et puis, elle va aider les forces gouvernementales les bombarder, et la population avec. Et si les rebelles arrivent à prendre le pouvoir, elle va condamner leur prise de pouvoir par la force avec dernière énergie avant d’en prendre acte deux jours après.
Quant au partage du gâteau, les partis politiques qui sont en train de s’agiter doivent comprendre que les rebelles sont déjà plusieurs groupes. Donc eux, ne doivent pas espérer grand-chose.
Et après ?
Et après il faut repartir à zéro. Ceux qui ont promis terre et ciel aux Tchadiens vont commencer par leur dire de patienter parce que les caisses sont vides ; parce que les autres ont tout emporté. Donc il faudra redoubler l’effort pour serrer la ceinture et affronter un autre seuil de privation, de misère, de pillages, de phénomènes de braquages, de régression globale, etc.
Et si c’est le gouvernement qui réussit à mater les rebelles, c’est clair qu’il n’obéira qu’à son protecteur à lui. Il aura toutes les raisons pour arrêter certains travaux de constructions des hôtels et autres hôpitaux entrepris. D’ailleurs ils seront détruits par des avions de guerre et autres chars.
Mais le plus grave c’est que, comme les ministères des finances, de la défense et de l’intérieur ne sont pas doubles, les dizaines de groupes rebelles unis au sein de l’UFR ne vont pas s’entendre sur le partage du gâteau non plus. Et donc deux mois après, les dissidents vont reprendre le chemin de l’Est, et on recommencera. Ainsi va le Tchad.
Abbé Djimasbeye Tolna Jean-Pierre.
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