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La chanson de l’aveugle mendiant PDF Imprimer Envoyer
Il était une fois, en pays haoussa, un aveugle qui sillonnait les rues de la ville pour mendier sa pitance, en fredonnant cette chanson : « Le bien que tu fais, tu le fais à toi-même ; le mal que tu fais, tu le fais à toi-même ! ». Il portait sur son dos un panier ouvert où il mettait les produits de sa collecte. Mais les enfants mal élevés venaient dérober une partie des piécettes et de la bouffe que le pauvre aveugle y stockait. Celui-ci ne disait rien et se contentait de ce qu’il trouvait, au repos, dans son sac. Il se trouva un jour qu’un méchant homme, qui ne supportait pas de voir l’aveugle et surtout d’entendre sa chanson habituelle, eut l’idée criminelle de venir glisser dans le sac un serpent venimeux, dans l’intention de causer la mort de ce dernier. Curieusement, ni l’aveugle ni les enfants mal élevés qui plongeaient la main dans le panier de collecte, ne furent mordus par ce serpent et ignoraient même son existence ! Mais quand le fils du méchant homme vint plonger la sienne, il fut mordu à mort par l’animal que son propre père avait placé pour se débarrasser de son prochain ! L’aveugle n’avait-il pas raison de chanter : « Le bien que tu fais, tu le fais à toi-même ; le mal que tu fais, tu le fais à toi-même ! » ? Cher ami, cette petite histoire pourrait te servir comme une formule mathématique dans bien des circonstances, comme elle est aussi valable pour les hommes politiques tchadiens aujourd’hui ! Qu’en penses-tu ?

Enoch DJONDANG