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Titre du livre: Les droits de l’homme : un pari difficile pour la renaissance du Tchad et de l’Afrique Commentaires de l’Editeur (4e de couverture): La réputation du Tchad à l'extérieur, c'est d'abord les seigneurs de guerre et la violence. Mais au-delà des clichés médiatiques, beaucoup de citoyens d'Afrique et du monde civilisé ignorent les contours et l'ampleur de la vie chaotique endurée par un peuple diversifié et tétanisé. En revenant sur le parcours du mouvement de défense des droits humains et sur son expérience personnelle, l'auteur tente d'attirer l'attention sur des aspects occultés mais déterminants de la quête de liberté et de dignité des Tchadiens en situation critique perpétuelle. Pêle-mêle, l'auteur survole les pesanteurs sociologiques, les ratés de la transition politique, les balbutiements de la société civile militante, la géopolitique régionale mouvante et l'inévitable dimension éthique des engagements humanistes, avec parfois des constats et des conclusions assez sombres. C'est le tableau panaché d'un pari vraiment difficile mais pas impossible, pour le triomphe des droits humains au Tchad et en Afrique. Sur l’auteur : Enoch DJONDANG est de formation juriste, spécialisé dans les questions de développement et de la bonne gouvernance au sein de l'Administration tchadienne. Fondateur de la ligue des droits de l'homme, ancien membre du gouvernement et responsable national de la stratégie de réduction de la pauvreté, il se passionne pour l'écriture.
25,50 euros/ 286 pages ISBN : 2-296-00516-0 Collection Etudes africaines
Table des matières
Avant propos
Première Partie: Les grandes étapes du combat en faveur des droits humains et de la démocratisation au Tchad Chapitre 1 : Le TCHAD, un pays pas comme les autres ? Chapitre 2 : Une génération totalement sacrifiée Chapitre 3 : Quand commença notre grande aventure ? Ce qui n'a pas été dit sur la révolte des officiers et combattants « Béri » (Zaghawa et Bidéyat) le 1er avril 1989 Chapitre 3 : Les premiers grands dossiers de la nouvelle aventure Chapitre 5 : La consécration internationale Chapitre 6 : 1992-1993, les années de la grande confrontation Chapitre 7 : La Conférence Nationale Souveraine, un rendez-vous manqué avec l'Histoire ? Chapitre 8 : Les périls ayant suivi la Conférence Nationale Souveraine
Deuxième Partie: La problématique de la défense des droits humains dans le nouveau contexte politique national Chapitre 9 : Nord du Tchad, la démocratie refusée Chapitre 10 : Rébellions armées : l'abomination de la désolation Chapitre 11 : Visions erronées ou réalisme au sein de l'opinion nationale ? Chapitre 12 : Défendre les droits humains ou conquérir le pouvoir ? Chapitre 13 : Changer les mentalités rétrogrades par la promotion de l'éducation à la citoyenneté participative Chapitre 14 : Les élections démocratiques sont-elles une panacée ?
Troisième Partie: La Françafrique et les inévitables pesanteurs géostratégiques Chapitre 15 : Les velléités obsolètes et persistantes d'un certain néo-colonialisme Chapitre 16 : L'appui précieux de la France profonde et militante Chapitre 17 : Le sort du Peuple tchadien dépendrait-il de Paris ? Chapitre 18 : Le recours aux mécanismes onusiens de protection des droits humains Chapitre 19 : La solidarité avec les autres peuples africains Chapitre 20 : Faut-il juger Hissène Habré ? Chapitre 21 : La nouvelle guerre du Tchad a-t-elle commencé ?
Quatrième Partie: La question de l'engagement et de l'éthique Chapitre 21 : Maître Béhidi Joseph, un météore dans le ciel de notre combat Chapitre 22 : Le virus des postes, maladie contagieuse et dangereuse Chapitre 23 : L'anticipation, une nécessité autant qu'une qualité Chapitre 24 : La vie du défenseur des droits humains est un vrai sacerdoce Chapitre 25 : Autopsie et leçons à tirer des crises graves de croissance de la LTDH pour les autres ONG de défense des droits humains en Afrique
Épilogue Annexes des Notes et Extraits illustratifs _________________________________
Quelques extraits au goût du jour : Le cancer de la guerre et de la violence : « Quand la guerre civile éclata à N’Djaména en février 1979, la folie meurtrière qui s’était emparée de certains habitants de notre quartier dit « chrétien » me révolta. Dans les rues, loin des lignes de front entre belligérants, des jeunes gens et des soldats cupides, qui armés de couteaux de jet et machettes, qui des armes de guerre, s’attaquèrent aux paisibles commerçants musulmans qui vivaient en bons termes avec nous depuis des années. Je revois encore les scènes de ces hommes malmenés, pourchassés comme des bêtes sauvages et froidement abattus sous mes yeux impuissants d’adolescent. Leurs cadavres gisaient là toute la journée, horribles. Le soir, l’air était insupportable avec la décomposition des corps et quelques personnes volontaires se décidaient à les traîner et à les enterrer sommairement dans les terrains vagues du quartier. Les années qui suivirent seront marquées par la banalisation de ces tragédies devenues le menu quotidien de notre peuple. L’abrutissement général peut d’ailleurs se constater dans la manière de vivre, de circuler ou de parler des gens. On aurait dit toute une population ayant perdu ses repères. Les choses élémentaires et évidentes ne le sont plus pour autant au Tchad actuel. Quand je constate le temps perdu par les agents des services publics à tenter de faire comprendre les bonnes manières à ces ignorants et arrogants armés et violents, pour les soins dans les hôpitaux par exemple ! Il y a véritablement un problème, un malaise profond concernant la cohabitation pacifique et égalitaire entre les Tchadiens, depuis les deux dernières décennies » (page 8-9)
Pas de démocratie pour le Nord du Tchad ! « Pour que la manipulation du fameux « conflit Nord-sud» qui serait – grossier mensonge – le fond du problème tchadien, aboutisse et perdure, une politique de matraquage des «nordistes» est pratiquée par le régime même qui est censé être leur émanation. Ainsi, les partis politiques d’origine et d’implantation nordiste, sont étouffés comme des poussins dans l’œuf. On ne permet pas d’expression politique contradictoire dans les régions du Nord. Vous avez le choix entre vous taire, vous exiler ou aller en rébellion armée. Même les militants des Droits de l’Homme locaux sont menacés, si jamais ils informaient l’opinion nationale et internationale des situations critiques que vivent les populations de ces contrées dévastées par les multiples guerres fratricides, les rezzous, humiliations et frustrations infligées par leurs coreligionnaires au pouvoir. La dégradation des conditions écologiques contraint la population à des migrations massives vers le Sud ou vers les pays voisins, surtout en Libye, au Soudan et en Arabie Saoudite. Il faut avoir de la tempérance pour supporter les traitements cruels, inhumains et dégradants qui sont infligés aux citoyens analphabètes dans les bourgades et sur les pistes du Nord. Musulmans face à des musulmans, on est loin de toute la littérature diffusée à dessein sur les maladresses des fonctionnaires « sara » «sudistes» ayant justifié la révolte des «nordistes». Pendant ce temps, la coopération internationale continue à déverser des fonds depuis vingt ans dans des projets fictifs et surdimensionnés de services sociaux et d’infrastructures destinés à ces contrées, mais qu’elles ne verront ou n’utiliseront jamais. En leurs noms, un embourgeoisement effréné et incroyable, à travers tout un système de racket, de faux et de corruption, croît dans les cercles familiaux privilégiés du système de la capitale. » La rébellion armée, une calamité historique : « On peut conclure en affirmant que le cycle de la rébellion armée au Tchad obéit à une logique consacrée de gestion du pouvoir, de voies de raccourcis pour y arriver, de moyens d’agenouiller l’État et le prendre en otage au profit de groupes violents pompeusement appelés « rébellions » ou « tendances politico-militaires », de luttes d’influence de puissances extérieures, et de mise à jour de la légèreté d’une classe politique sans patriotisme et déphasée. Nous réaffirmons avec force que le phénomène des rébellions armées constitue pour les populations innocentes et les défenseurs des droits humains l’abomination de la désolation. La rupture radicale de son cycle infernal par un vrai sursaut des élites tchadiennes du Nord et du Sud constitue la condition sine qua none de l’avènement d’un État moderne qui se voudrait de droit, démocratique et pacifique. Il n’y a pas d’autres alternatives et l’exploitation du pétrole de Doba, sans la résolution de ce préalable, relancera le cycle et lui donnera l’ampleur des drames angolais ou congolais. Il n’est plus possible de démontrer aujourd’hui en quoi le recours à la rébellion armée aurait apporté le moindre bien, même à une échelle locale, aux populations tchadiennes. Ceux qui y ont recours partagent la responsabilité de la destruction des bases républicaines de l’Etat, du retard incomparable et de la misère croissante, bref du chaos du Tchad. » Le déclin de la société civile militante : « Combien d’organisations ne sont-elles plus à l’heure actuelle que des clubs tribaux soigneusement entretenus au nom d’une cause universelle ? Elles se cachent derrière une certaine immunité que leur confère leur rôle public pour tolérer ou encourager en leur sein des pratiques semblables à ce qu’elles reprocheraient aux pouvoirs publics. En tous cas, ce phénomène sévissant surtout au niveau des instances de décision et de gestion des ressources de nos organisations, rebute de plus en plus les bonnes volontés locales qui voudraient y apporter leurs modestes contributions. Le manque de transparence, la cohabitation difficile avec des membres issus d’autres ethnies que celles des leaders, l’"éternisation" des mandats et les motivations intéressées des dirigeants se faisant une trop haute idée d’eux-mêmes, la panne d’imagination et d’anticipation qui nécessite un investissement personnel considérable, voilà des phénomènes préjudiciels à la notoriété et à la survie du mouvement des droits humains au Tchad et dans nombre d’États africains ». A retourner à L’HARMATTAN, 7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris
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