Dossiers » Dossiers » Dossiers


Quand le côté obscur et les airs des temps primitifs prennent le dessus ! PDF Imprimer Envoyer
 

Ce que certaines personnes, depuis l’Est du Tchad, dans les brouillards de leurs imaginations troubles et malsaines, tentent de présenter au peuple Tchadien comme étant une lutte de libération nationale n’est qu’un  réactif des seigneurs de guerre Tchadiens et de quelques promoteurs d’utopies, tous  liés de l’intérieur par l’instinct de meute dont ils se revendiquent et de l’extérieur par une série d’objectifs temporaires. 

Ce que Ndjamena,  présente aux Tchadiens comme une lutte de défense de l’intégrité territoriale et de souveraineté, face à la menace soudanaise utilisant des mercenaires  Tchadiens,  n’est qu’une imposture en complément d’un dé déjà pipé dans le but d’assurer, égoïstement , des intérêts catégoriels de quelques groupes.

Qu’il s’agisse des enturbannés de l'Est, organisés en meute, ou de leurs semblables malavisés  restés Ndjamena, ce sont les crimes de chaque camp qui fournissent à l’adversaire les arguments souhaités pour cultiver l’anarchie inhérente à leur esprit.

Tout ce que vous aviez entendu et que vous entendrez de ces illusionnistes en armes n’est que du bidon. Tout ce monde en guerre au Tchad est dans une vaste partie de poker mortel qui exige des nerfs d’aciers, un jeu où seuls des joueurs méconnaissant la différence entre le mal et le bien pourront tenir un court instant.   C’est malheureux que beaucoup parmi nous continuent à mal jauger leur naïveté en surfant sur les divers niveaux d’un même désordre.

Promptement nous, Tchadiens, saisissons les sinuosités de cette imposture mieux nous ferons des choix  éclairés qui s’imprimeront sur notre lendemain.  Notre bien-être viendra de notre opposition à la culture du chaos et à l’immobilisme, du réveil et de la vigilance de notre esprit,  de  l’amour du prochain, de notre patrie et de notre attachement au retour des valeurs républicaines.

 
Les promesses de changement des nouveaux « libérateurs » ont-elles un sens ?

Ceux qui nous promettent le changement comprennent-ils vraiment la dimension réelle de leur promesse ? Des faits connus et des vérités historiques, ce sont d’abord les changements profonds dans les pensées des peuples et les réformes politiques qui ont précédé tous les changements de civilisation. C'est-à-dire que le changement effectif et observable dans une société est l’effet d’un changement invisible qui s’est préalablement effectué dans les pensées des citoyens et aussi l’effet d’une renaissance politique des classes dirigeantes. Or, au Tchad, nous avons raté ce train de l’évolution et de changement. Je vais simplement vous citer quelques facteurs, toujours d’actualités,  de notre immobilisme qui illustrent le non-sens des promesses des seigneurs de guerre :

  • Le fond héréditaire de nos pensées est resté le même depuis les âges ancestraux. Il suffit d’observer nos réflexes, nos pulsions, nos mentalités, nos comportements, nos croyances,…, qui n’ont vraiment pas subi les usures du temps. 
  •  L’esprit de nos dirigeants est tellement vicié par les résidus des temps primitifs qu’aucune réforme politique significative, porteuse de véritables semences de changement profond et réel, a vu le jour jusqu'aujourd'hui. Dès qu’il est question de changement politique, nos dirigeants troquent tout simplement leurs grands boubous contre les vestes. Puis, ils annoncent le changement et leur nouvelle naissance. C’est avec ce même procédé de ruse que les réformes politiques ont été menées au Tchad lorsque le peuple revendique des réformes. C’est la raison pour laquelle nous tournons en rond et sommes épuisés.  
  •  Ceux-là mêmes qui mettent à feu et à sang le Tchad reviennent, par d’autres chemins, se présenter aux Tchadiens comme étant des libérateurs. Curieusement, ça leur réussit bien. Aujourd'hui, on entend  parler de nouveaux libérateurs venus de l'Est. Nous avons plutôt à faire à un concentré de brigands d'horizons variés. Bref, si nous prenons par exemple les 30 dernières années, le Tchad n'a connu que des dirigeants, eux-mêmes, irréformables. Ce n'est  donc  pas une surprise qu'ils n'aient rien reformé qui puisse évoluer.   

 C’est du sérieux quand je vous parle du fond de nos pensées qui n’a presque pas évolué. Mêmes les Tchadiens de l'extérieur, majoritairement, trainent les mêmes démons de l’ethnisme et s'inspirent des mêmes schèmes de pensées des âges ancestraux. Exemple concret : Au Canada, dans la même ville de Montréal, il y a une association des Tchadiens du Nord  et une autre des Tchadiens du Sud, deux entités différentes manipulant le régionalisme et l'ethnisme. Dans d’autres villes en Europe, c’est le même décloisonnement basé sur les sensibilités tribales ou autres aberrations. Aux États-Unis, là aussi, tous les soirs, on fait le lit du tribalisme.    

 En dépit des influences des sociétés évoluées dans lesquelles vivent les Tchadiens, des échanges avec d’autres civilisations et milieux très différents de ceux du Tchad, presque rien n’a changé dans la tête et le comportement de l’Homme Tchadien.

L’archaïsme, ce qui pousse les saras à dire qu’après tout, tel est un gorane et que sa nature impulsive ne changera jamais; que tel autre est un zagawa et que son naturel est le brigandage.

L’archaïsme, c’est ce qui conditionne les zagawa ou gourane par exemple à répéter, comme un lieu commun, que les saras sont des « kirdis sakhit », des espèces de minables mécréants indignes de diriger le Tchad et qu’il faille toujours dominer.

L’archaïsme, encore une fois, n’est-il pas aussi ce qui me pousse à  citer en  exemple les saras, zagawa, arabes,..., au lieu de parler d'une unité de corps?  Quelle est, individuellement, notre part de responsabilités dans le chaos qui nous engloutit?

Seul un ménage profond et radical dans  les croyances d'où dérivent nos idées boiteuses et la libre acceptation de se remettre en question, individuellement pour un renouvellement de pensées et de mentalités, nous permettront de voir la lumière du changement.

Il se dit dans l’armée : "tue la tête et tout le corps s’écroule." Ce n’est pas faux. Mais, c’est vrai de dire que si la tête survit alors tout  le corps survivra. Ce qui m'amène à dire qu'un traitement d'urgence doit commencer par le sommet. L’urgence du moment  me semble être une renaissance idéologique et politique de la classe dirigeante Tchadienne. C'est aux citoyens, individuellement et collectivement, de revendiquer et d'arracher une telle réforme politique. Que proposez-vous comme pistes de solutions au renouvellement  de nos idées et évolution de notre mentalité?  

Joe Al Kongarena, librafrique.com

 

Commentaires (1)Add Comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy