| L’affairisme à main armée : les causes d’une faillite! |
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Vous êtes nombreux à nous demander pourquoi l’opposition armée, malgré tous les moyens qu’elle dispose, produit un résultat si décevant alors que l’opposition civile a réussi des gains politiques quand même majeurs en dépit des moyens limités?
Le déclin de l’affairisme à main armée au Tchad est une loi de l’histoire et de l’évolution des mentalités. Je ne reviendrai pas ici sur les aspects que j’ai déjà évoqués l’année dernière, dans mon analyse titrée « la dernière génération des seigneurs de guerres Tchadiens! ». Les éléments les plus significatifs ayant causés la perte des politico-militaires sont inhérents à l’opposition armée elle-même. Premier élément : tout est mensonge dès le départ. 1. Ce n’est pas une révolte authentiquement populaire qui a poussé les politico-militaires à prendre les armes. Les bandes armées tribales Tchadiennes, il s’agit d’une vaste organisation de déstructuration et d’affairement qui se bat pour maintenir le Tchad dans la noirceur afin d’assurer les intérêts de quelques tribus. Ce sont des groupes d’intérêts obscurs dirigés par des individus ayant une répulsion innée à toute idée nouvelle et progressiste. Selon les indiscrétions de ceux qui se sont un temps compromis dans ces cercles mafieux, et qui ont vu les choses de l’intérieur, le chef de guerre est souvent celui qui démontre le mieux l’habileté à se trémousser jusqu’au crime lorsqu’il faut défendre les intérêts du clan. Que peut-on ajouter à un tel témoignage? Dès le commencement, l’essentiel des activités et messages des bandes armées est articulé autour de l’axe du mensonge (dissimulation des vraies intentions) où les intérêts de quelques clans sont promus en intérêts supérieurs de l’ensemble des Tchadiens. Or, on ne réussit pas à tromper tout le monde tout le temps. Le résultat navrant des politico-militaires est donc le bien-dire des artifices de départ. 2. Ce qui a été présenté comme une seule union ou une seule opposition armée est, en fait, une simple juxtaposition des forces afin de faciliter la logistique et l’administration [par les Soudanais] des nombreux clans qui ne cessent de s’épier. Il ne me parait pas nécessaire, ici, d’insister sur la logique des classes, car c’est la vérité première sur laquelle tout est bâti. De plus, le clanisme a été, à maintes reprises, soulevé dans plusieurs autres analyses. Deuxième élément : L’histoire non partagée des politico-militaires. L’asymétrie est sur tous les plans : humain, tactique, idéologique et matériel. Les politico-militaires Tchadiens ne parviennent pas à inverser cette tendance défavorable en raison des diverses carences internes. De plus, les revirements politiques défavorables ont fini par avoir raison des rebelles qui sont pris dans une position intenable. La voie des armes est devenue cauchemardesque autant pour les victimes que pour les porteurs d’armes eux-mêmes. Les politico-militaires ont souvent mis au-devant des hommes au passé trouble incarnant, jusqu’à la caricature, l’affairisme à main armée ouvert aux forfaitures et à l’instabilité. A l’évocation simple des noms de certains dirigeants rebelles, c’est 9 Tchadiens sur 10 qui se bousculent pour prouver la morale incompatible de ces messieurs avec la gestion de l’état, si ce n’est pour témoigner des crimes de sang qu’ont commis certains. Les discours des chefs de guerre Tchadiens, empreints de ton arrogant et de contestations d’une partie du Tchad, sont incompris de l’ensemble des Tchadiens. De plus, les contradictions ne sont pas en manque. Tantôt les rebelles disent avoir un bien meilleur projet de société à proposer aux Tchadiens, tantôt ils déclarent n’avoir aucun projet parce que, disent-ils, la situation est très catastrophique au Tchad. Allez-vous croire ça ?
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