Personnalités marquantes de l’année 2009 pour le Tchad PDF Imprimer Envoyer
Il est de coutume qu’à la fin d’une année, des pronostics soient faits pour désigner les personnalités qui auraient le plus marqué durant l’année écoulée. Les critères divergent d’un sélectionneur à l’autre, et parfois, il est difficile d’échapper à la critique et aux soupçons de partialité, de tribalisme ou d’intérêts sous-tendus entre le sélectionneur et les promus. En ce qui nous concerne, nous ne nous prononcerons pas au nom d’un label mais en notre nom propre et selon nos paramètres.
 
De notre point de vue, au niveau de la défense des droits humains, deux personnalités sobres ont particulièrement brillé durant l’année 2009 :
-         Me Jacqueline Moudaïna, avocate de son état, présidente de l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH) et Conseil des victimes du régime de Hissène Habré : cette femme est d’un courage, d’une probité et d’un engagement exemplaire et surtout désintéressé ; contrairement à nombre de ses collègues du Barreau tchadien, qui n’ont pas du temps à perdre pour les causes désespérées, Me Jacqueline Moudaïna mène son combat pour la justice en faveur de ses compatriotes qui ont souffert dans le silence des geôles et l’indifférence générale pendant des années, comme s’il s’agissait de sa propre affaire, en y mettant son énergie, sa foi et son cœur ; elle prend ainsi beaucoup de risques, que d’aucun diront (comme ils nous l’avaient déjà dit à l’époque !) « pour rien » ! Or, Me Moudaïna ne fait que poser les jalons d’une soif de justice qui finira par exploser et par déborder en son temps !
-         Son collègue Deuzoumbé Daniel, président de ce qu’on voulait appeler une « petite » organisation de droit de l’homme, a été souvent presque la seule voix à s’élever encore au pays pour dénoncer les dérives de notre gouvernance et de notre société tchadienne. Malgré les tentatives de minimiser et de contrecarrer les actions de Droits de l’Homme Sans Frontière (DHSF) son organisation, les complots sournois du milieu même pour des raisons de leadership grotesque et alimentaire, malgré les menaces répétitifs, Deuzoumbé Daniel et DHSF sont reconnus pour avoir été présents aux côtés des victimes quotidiennes de l’arbitraire dans notre pays en 2009 : ce n’était donc pas pour rien qu’un cercle de criminels masqués avaient projeté d’attenter à sa vie au soir de la Noël 2009 !
 
En dehors des droits de l’homme classiques, nous tirons le chapeau au Dr Koyalta, gynécologue obstétricien très engagé dans la lutte contre la fistule, et au-delà, contre les pratiques obscurantistes de mariages précoces qui constituent des formes de violences faites aux femmes inadmissibles dans un pays tourné vers la modernité et dont la devise est le « PROGRES » ! Il y a certes des programmes contre ceci ou contre cela en matière de santé publique en exécution au Tchad, mais on n’entend souvent d’eux que des scandales financiers rocambolesques ou étouffés dignes d’être assimilés à des crimes contre l’humanité de la part de leurs auteurs, si cela s’avérait un jour devant la justice ? L’acharnement du Dr Koyalta, les espoirs en une nouvelle vie libérée que ses interventions suscitent auprès des patientes et la sensibilisation générale des populations marquées par un profond obscurantisme culturel et religieux, sont des éléments que nous voulons apprécier favorablement à leur juste valeur dans l’ambiance de 2009.
 
Une autre jeune femme intrépide aura aussi marqué l’année 2009 par son audace et son amour pour le pays de ses ancêtres : il s’agit de la gazelle Kaltouma Nodjinang. En effet, pour une énième fois, cette compatriote avait promis porter haut le flambeau de son pays sur l’échiquier international des trophées sportifs qui ne se négocient pas, mais qui se méritent par un travail et un effort conséquent. Et elle avait tenu son pari, ce qui est merveilleux, l’indice d’une foi en soi et en son pays que beaucoup de ses jeunes compatriotes n’ont plus malheureusement ! Elle est devenue une icône, un modèle pour cette jeunesse désabusée et désorientée. A travers elle, les Tchadiens et Tchadiennes qui, ici et là, se sont distingués en talents ou en actions homologuées par des jurys impartiaux et internationaux, mériteraient aussi de figurer au palmarès de 2009 pour notre pays, même s’ils étaient moins connus.
 
Enfin, dans notre liste masquée, nous mettrons les cadres et agents tchadiens des administrations qui ont, en dépit des conditions socioéconomiques difficiles de 2009 et d’une forte tendance au tribalisme, à la clochardisation, à la corruption et à la concussion, exercé leurs professions par-delà l’intérêt personnel qu’ils en tirent, et en ayant gardé à l’esprit le bien du plus grand nombre, l’intérêt général (notion en voie de disparition !). Ceux-là sont encore nombreux, mais beaucoup n’obtiendront ni reconnaissance ni distinction honorifique ni promotion, à la rigueur s’ils ne sont pas pris pour des « cons » ? Qu’ils sachent cependant qu’il y aura toujours un temps pour les rétributions, à chacun selon ses œuvres !
 
Nous avons du mal à trouver des candidats sérieux dans les milieux politiques et médiatiques, là où généralement l’on puise pour ce genre d’exercice. Nos promus sont des gens ordinaires, fiables et surtout difficilement contestables dans les domaines pour lesquels nous les avions préférés.
 
Cependant, si nous voudrions soulever un peu de clameur épidermique, nous ajouterons sans sourciller à notre liste la première Dame actuelle Mme Hinda Déby Itno, pour le fait que, plus que toute autre personnalité politique, elle a mis sa position avantageuse au profit d’un certain nombre de causes sociales. Cela permet, à notre humble avis, de faire bouger un peu les choses sur ces terrains-là, sensibles et délicats. Et s’il a été incontestable que de pauvres « mandiagos » ou « miskines » aient pu avoir aussi un jour, grâce aux initiatives sur le compte de la première Dame, voie au chapitre des œuvres de la république, alors elle a aussi le droit de recevoir nos encouragements pour 2009 !
 
L’objectivité et l’impartialité étant encore mal acceptées dans notre microcosme tchadien, voilà ce que votre humble serviteur a pu trouver comme maigre moisson pour l’année 2009 écoulée : que l’année 2010, année du cinquantenaire ou jubilé selon du pays de Toumaï « indépendant » marque la différence positive, en voyant émerger sur tous les fronts nationaux et internationaux, en valeurs et en vertus reconnues, les meilleurs des fils et des filles de Toumaï le troglodyte, comme le dit notre hymne national : « Que tes voisins admirent tes enfants ! »
 
Que les ogres, les caïmans et autres bulldozers aillent disserter sur le « Xalam dunia » dans les purgatoires !
 
altEnoch DJONDANG
Rédaction Tchadnouveau.com
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